dimanche 15 avril 2012

printemps

allô le vent tourne en écoutant lisa leblanc. ben écrasée dans mon lit à l’envers j’regarde mes meubles se vider tout seuls les boîtes s’empiler ma chambre m’oublier. j’me déménage un peu tout croche un peu en bas quand j’suis en haut – un peu enfant qui reste dans mon cœur de femme qui part. mes livres en entredeux dans dix caisses à s’en aller sur le bord de la porte d’entrée. c’est le printemps érable et rouge. me révolutionne de tout partout.

mais comment tu dors line si moi-même j’y arrive pas. quelle sorte de pilules tu prends pour que tombe le voile noir sous tes paupières – pourquoi le laisser là quand tu t’éveilles et nous regarde. regardes-tu ?

allô souvenirs inquiets sur les tablettes du garde-robe. je suis fille à talons à lettres-poussière ; femme à pantoufles et à toutou. je suis n’importe quoi et ça déborde des fois. mais
« t’es mon p’tit chat. »
et
« t’es mon p’tit chat aussi. mon p’tit chat douillet. »
en plein dans le mille et ça explique
mes yeux ouverts encore le soir
et le silence
au bout des doigts
sur ta peau
quand tu t’endors et te réveilles
à cause de moi

j’ai la révolution difficile
mais ça se peut

mardi 20 décembre 2011

la bête et la bête

j'ai dans le sang
une eau salée
qui comme la marée remonte et descend
pour toujours te ramener
j'ai dans la bouche
un goût amer
comme si j'avais avalé toute la mer

c’était cool jusqu’à ce qu’il débarque chez moi en plein milieu de la nuit blême tellement blême que j’ai pensé voir un fantôme.
- où sont tes toilettes.
heye me niaises-tu. après ça fait voir son dedans de ventre au bol après ça pleure en position fœtale dans mon lit. j’t’aime j’t’aime serre-moi donc. euh non tu pues.


c’est cliché mais : hostie c’est quoi mon problème. après je fais des rêves cochons avec le gars de ma job qui fait ça torride il parait. je dis ça de même mais c’est parce qu’on a eu une soirée-jeux une fois, on a joué à caractère et il l’a dit lui-même. entre tendre, torride et inventif il a choisi torride je sais pas. ça m’a alimenté l’imaginaire ça m’a réveillé le matin avec des drôles d’idées avant d’aller placer des livres de jeunes dans une librairie de mongols du temps des fêtes.
- allô p’tite fille comment ça va aujourd’hui ?
- ça va. (j’ai rêvé à toi tout nu.)

ça fait que j’emballe mes cadeaux de noël en écoutant eau salée sur repeat, je me dis que c’est ben beau pis que j’ai pas besoin de gars qui vomit dans ma salle de bain. moi depuis que je suis toute petite mon film pref de walt disney c’est la belle et la bête pis je sais pu comment m’enlever ça de l’éducation. c’est comme : je récolte toujours des hosties de bêtes, mais elles se changent même pas en prince charmant à la fin. je me dis : ah c’est beau ah c’est le fun l’histoire finit toujours bien.

non.

mercredi 23 novembre 2011

les mondes parallèles

hier je marchais sur mont-royal et je me suis arrêtée dans un petit café, ça faisait pas longtemps que j’étais levée même que j’étais encore un peu endormie, et je pense que j’ai vu les fourchettes. ça m’a fait drôle je la trouvais belle mais je lui ai pas dit, je me suis caché le nez dans mon foulard et j’ai baissé les yeux. de toute façon je vois mal de loin alors peut-être que je l’ai rêvée, peut-être que j’étais encore en train de dormir dans le fond.

samedi 19 novembre 2011

« plus la distance augmente et plus l'écran s'élargit où je te vois avant de m'endormir [...] ça n'a l'air de rien mais ça te trouve beau et ça te veut du bien »

c’est une histoire d’aimants comme on en trouve sur les frigos ou dans les films. j’ai levé les yeux vers lui et ça m’a fait comme un choc oups. j’ai pas fait exprès mais je l’ai fixé comme ça je sais plus trop combien de temps mais assez pour qu’il s’en rende compte et qu’il me fixe à son tour. je souriais je pense ou en tout cas bientôt je riais parce qu’il me faisait des grimaces de maudit tannant et moi j’aime ça les tannants. en plus il avait un déficit d’attention : trop occupé à me divertir, il réagissait plus vraiment aux salutations des gens autour de lui, même il avait un peu l’air attardé avec ses yeux dans le même trou. alors il a tendu une main vers moi et je lui ai tiré la langue. alors il s’est approché de moi et j’ai mis une main sur son ventre pour l’arrêter. alors il m’a prise par la nuque et m’a renversée pour m’embrasser.

et ça dérègle mes heures dérègle mes nuits depuis cette fois-là de sa fête. il disait c’est ma fête t’es mon cadeau je te laisse pas partir. c’est vrai je suis jamais partie même qu’il m’arrive de l’attendre durant la nuit assise devant sa porte avec un livre, même que je marche même que je cours pour arriver plus vite près de lui, même qu’il m’emmène déjeuner même qu’il m’apporte un café au lit. moi dans la vie je pellette des nuages que je lui ai dit alors il m’appelle nuage et me serre fort quand on s’endort.

mercredi 12 octobre 2011

tergiverse

j’ai rencontré un garçon au nom d’été au nom qui sonne comme une histoire à raconter alors j’écoute (500) days of summer c’est plus fort que moi. j’entends son nom des tonnes de fois ça donne envie de rire de sourire la bouche cachée les yeux gênés mais c’est assez. de trop penser je veux dire, même lui me l’a dit. toute la nuit tergiverse chantait fort dans ma tête j’aurais aimé me lever aller chercher mon ipod et l’écouter. mais j’avais peur de trop bouger, de perturber le souffle de la maison endormie.
il y a tout un cirque dans ma tête
et sous ma peau des cracheurs de feu
qui font la guerre à mon estomac

je suis partie le matin il faisait encore noir sans son numéro sans rien. je me suis rappelé la phrase vite écrite durant la nuit alors qu’il était plus loin, l’immense effet que me font les petites choses, je me suis rappelé je ne voulais pas oublier parce que ça faisait du bien. de parler avec un garçon de manger de la poutine d’en échapper partout sans me sentir ridicule. je suis partie parce que je pars toujours parce que je finis toujours par trop penser et tout gâcher. mais au moins l’espace d’un instant j’ai eu des étoiles dans les yeux, j’ai eu envie d’être amoureuse.

samedi 1 octobre 2011

la fin des haricots

hier au bar l’alcool coulait à flot entre nos lèvres de jeunes fringants libérés pour la fin de semaine. j’étais de bonne humeur et simon l’était aussi, genre on dépassait nos budgets en riant en se pokant le ventre, on buvait pour oublier qu’on était pauvre et on était pauvre parce qu’on buvait trop. on est même allé voir le dj pour lui demander de passer cinema mais il l’a jamais fait on était déçu. sinon une fois j’arrive au bar je tourne la tête et je vois l’architecte. en train de payer un verre à une fille, avec flirt et petite main au bas du dos. je comprends pas mettons. je comprends tellement pas que je me dis ben non c’est pas lui ça se peut pas. et pendant ce temps-là il s’en va l’air content sur le dancefloor récolter les fruits de son investissement. ça fait que j’espionne et je dégrise, je reconnais sa démarche son chandail sa barbe d’architecte. et je sacre, je sacre tellement que simon m’emmène un gin tonic pour me consoler. là oké c’est ben beau mais ça passe pas comment veux-tu. faudrait au moins qu’il sache que je sais. alors je descends et je le vois seul accoté sur un poteau.
- allô.
- heeey.
- qu’est-ce que tu fais ?
- ben. je sors !
- je veux dire, là tout seul.
sauf que c’est pas seul longtemps et la fille revient se faire enlacer de l’architecte qui nous fait les présentations. je ris jaune et elle sourit vrai tellement vrai qu’elle m’embrasse les deux joues avec un enthousiasme de fille qui se doute de rien.
- wow vraiment enchantée vous vous connaissez de l’école ?
et je lance un regard paniqué vers l’architecte qui dit nonchalamment :
- oh non on se connait pas ben ben en tout cas pas depuis longtemps amis communs genre...
et il ajoute en prenant la fille par la taille :
- bon ben on se recroise.
et il s’en va.


t’sais le genre de scène que tu te repasses trois millions de fois en tête en espérant avoir trouvé la réplique parfaite pour créer un malaise.
- vraiment enchantée vous vous connaissez de l’école ?
- pantoute je pensais qu’on se datait.
- vraiment enchantée vous vous connaissez… ?
- non j’attends qu’y me donne signe de vie mais j’réalise qu’y me niaise big time.
- vraiment enchantée… ?
- non on fourre crisse.


mais j’ai passé la soirée à le fuir et il a passé la soirée à se pointer à côté de moi avec sa chix sympathique pour que je le vois danser et que je finisse par sacrer mon camp.

aujourd’hui avec thunder on a pensé lui envoyer un clown chantant qui offrirait des ballons. il aurait pu chanter vive l’amour de françois pérusse ou quelque chose. on a aussi pensé lui faire livrer des fleurs avec une déclaration d’amour signée chix-sympathique… ça pourrait être drôle remarque.

jeudi 15 septembre 2011

« ses yeux verts très verts, deux fois plus verts qu'un trèfle à quatre feuilles, quatre fois plus émouvants qu'une tête de violon [...] »

oublie pas de dessiner que je pensais. je sais pas pourquoi mais j’ai eu peur que t’arrêtes. ça aurait pu venir et passer comme idée mais c’est resté, ça m’a raconté des histoires toute la journée. je pensais aussi beaucoup à nelly. hier en après-midi on a reçu une centaine de livres que je n’ai plus voulu quitter, que j’ai placés, les pupilles en cœur, sur le cube près de l’entrée. ma liberté retrouvée j’ai pédalé en vitesse vers le 2t, où j’ai pu lire, munie d’un chaï latté, ce qui à mes yeux tenait de la merveille. je pensais détenir un secret et ça papillonnait dans ma poitrine, je me sentais en tête-à-tête avec l’admiration, dans un endroit qui excluait le monde et sa rumeur incessante. puis est entré monsieur chapeau-moustache qui à son habitude m’a demandé ce que je lisais. il a fait oh il a dit oui j’ai lu l’article. je me suis dit mon dieu quel article et j’ai pris le journal que monsieur chapeau-moustache me tendait.

ben ça a pété ma bulle je dirais.

j’ai terminé le livre avec, quelque part dans ma tête, l’opinion d’au moins deux personnes médiatiques. j’avais devant moi le travail d’une écrivaine, c’est-à-dire une œuvre de création, que les médias ont ramené dans le réel pour susciter un débat de légitimité. véritable humiliation ou non, dramatisation ou pas. quelques heures après la parution du livre. déjà. j’avais le goût d’aller voir nelly dans sa tombe et de la serrer dans mes bras.

je me souviens une fois t’as dit que j’étais ta muse ça m’a fait penser à factory girl. ça m’a consolée quoi un an. je m’imaginais à new york avec les cheveux blonds ou pas. je nous imaginais dans un loft en train de faire l’amour à même le sol à même tes dessins au fusain. on aurait pu s’enduire le corps de peinture, j’aurais pu poser nue pour toi. ce qui fait pas vraiment de sens parce que tout ce que tu crées est comique. si on habitait vraiment à new york tu me dessinerais sûrement nue avec un pénis dans le front ou quelque chose comme ça, tu jouerais avec les mots pour les faire pousser en bulles au-dessus de ma tête ; tu ferais rire les gens. quand je pense à ça je me demande si tu ferais un bon andy, je me demande si en me consacrant muse tu m’as aussi réservé le sort d’edie.

jeudi 25 août 2011

maudite affaire

on peut-tu se dire que c’est pas fun des rêves comme ça comme ceux de lui assis à côté de moi qui dit allô je suis là je veux dire je suis revenu je t’aime encore allô.
- gars tu niaises.
mais y’a pas de place pour en sortir parce que l’auto roule et je suis prise au milieu. je reste en partant et je pars en restant c’est du pareil au même mais c’est jamais suffisant. je rage et je respire je cherche le vent.
- come on.
t’sais moi je pense à ta fille-de-jacques-poulin qui te soulève tellement qui te voyage dans tout le québec. je pense à vous depuis la neige sur la route des fois dans le coin, ces fois-là où je m’en vais encore après le printemps après l’été, même après j’veux qu’tu sois là qu’tu la rencontres c’est important. c’est drôle on en a jamais reparlé genre on se sourit pour être poli mais je pense que je t’hais. parce que tu dis oublie tout ça c’est fini. pis après je me réveille toute seule dans mon lit.


pis là. tu vas et tu viens dans ma vie avec ta face de gars d’ailleurs que je sais pu c’est qui que j’ai même pas le goût de voir. pis t’es tellement friendly que tout le monde t’aime. même l’architecte est sur ton cas pis moi je vous regarde devenir chummy en pensant je m’en sortirai jamais bout d’viarge.
- heye y’est tellement cool le gars le connais-tu faut trop qu’on jamme ensemble.
ah crisse. ah pas lui avec.

samedi 20 août 2011

la fois de ma première bouteille de rouge

je m’habille pas j’écoute i want you
je travaille pas je chante i want you
avec mes cheveux de vent de vélo
mes yeux de danse sur i want you
un cil même pas de vœu juste
i want you


des bis devant un feu tu disais moi devant toi derrière parce que tu tournes le dos fille t’as les cheveux en boucane la face sombre de fille en peur de fille en lumière du bas du dos. sur toi devant toi la bouteille de vin lancée dans les bois on apprend des choses toutes en couleurs pendant que les autres sont partis chercher du mcdo pendant que tes mains de gars glissent sous ma jupe de fille. tu me tiens et je te laisse me tenir me serrer en sentant i want you.

le pied en sang je pense i want you
aux urgences j’imagine les couleurs du reste des choses de celles qu’on avait commencées en airs de tannantes apprivoisées. j’ai dû sourire la face dans ma chaise en roues avec le pied de fourmis toujours en haut du cœur. et m’endormir le nez dans la boucane de mes cheveux.


mon père à côté avec ses cerises et son thermos de thé
boo resté tout seul devant le feu avec sa bouteille de jack
champagne showers au max les membres qui tremblent la gomme au melon -
en rire


« une chance tes jambes sont faites.
- me niaises-tu j’suis tellement dûe ; j'm’en vas effrayer le docteur. »

vendredi 19 août 2011

the drunken politician leaps
upon the street where mothers weep
and the saviors who are fast asleep
they wait for you
and i wait for them to interrupt
me drinking from my broken cup
and ask me to open up
the gate for you






j’ai pas le goût de dormir j’ai le goût d’écouter i want you toute la nuit en boucle à l’infini.