vendredi 19 août 2011

the drunken politician leaps
upon the street where mothers weep
and the saviors who are fast asleep
they wait for you
and i wait for them to interrupt
me drinking from my broken cup
and ask me to open up
the gate for you






j’ai pas le goût de dormir j’ai le goût d’écouter i want you toute la nuit en boucle à l’infini.

mardi 16 août 2011

ted mosby, architect

on dira ce qu’on voudra mais les peurs ça tanne. on parlait de ça hier sur le quai du lac. j’avais le goût de boire pour oublier une bouteille cheap de dépanneur mais il était passé onze heures maudit. n’empêche c’était cool d’entendre simon qui plaidait pour la cause des buveurs noctambules. genre heye on est-tu passé dix-huit ans mettons pis on est-tu assez grands pour savoir quand est-ce qu’on a le goût de boire comme à minuit on peut-tu un peu. on chialait comme ça et moi je trottinais sur le trottoir pour franchir la même distance que simon alors qu’il ne faisait qu’un pas.
- heye t’es bonne tu marches vite thierry lui se plaint tout le temps genre y’est en skate mais c’est lui qui essaie de me rattraper.
- t’es con.
- j’sais que j’ai raison.
alors comme ça sur le quai sans bouteille mais avec les ouaouarons pis les canards on a jasé. je fixais un point dans les feuilles pis simon me répétait rush pas là arrête de rusher vis ta vie pis reste en vie yo. t’sais j’ai la chance d’avoir un ami comme lui qui me dit des affaires de même dans ces moments-là, qui passe un bras autour de mes épaules pis qui veut écrire un livre qui va s’appeler… oké je vous le dis pas. mais ça se peut que ça parle de keira knightley.
- kara quoi ?
- keira ! K-E-I-R-A.
- oké oké scusez.
en gros donc j’avais des nœuds dans l’estomac qui m’empêchaient de respirer. ça arrive ces temps-ci depuis le bal masqué. entre autres j’ai eu le goût de partir en thaïlande d’acheter une westfalia de faire le tour des amériques d’aller me réfugier à ste-adèle dans le chalet à sarah de jamais en revenir. mais j’ai dû rester parce que bon. je dois pas avoir le courage de ma fuite on dirait – ou ben l’argent.
 

qu’on se le tienne pour dit : je suis une trouillarde. maintenant peut-être plus que jamais. faque c’est légal d’abuser du shisha, han ? je veux dire, ça relaxe. ça goûte jésus.

ça commence avec le bal masqué. la colonie était partie pour la semaine et ça nous donnait l’occasion d’organiser un gros événement, quelque chose d’assez incroyable pour qu’on s’en souvienne des années durant. ça commence avec le bal masqué mais ça commence ailleurs aussi, toujours – avec l’appel de sarah, un bol de spaghetti ou un poisson rouge qui flotte dans un aquarium (poisson de satan).

ça commence ça commence c’est ben beau. mais se réveiller aux côtés d’un architecte – je dis ça comme je le pense – ça te déstabilise une coupe de bases mettons. genre mes bases de petite fille qui trippe en silence et qui comprend pas grand-chose en général.  après ça je regarde des épisodes de how i met your mother avec sarah et on tombe sur celui qu’on pouvait pas mieux tomber dessus. t’sais l’épisode où barney se fait passer pour ted toute une nuit durant ("ted mosby, architect.") pour prouver que "oh my god, architects are hoooot !" bon. faque c’est ça. sarah se marre pendant que je me tape la tête contre le divan.

samedi 23 juillet 2011

rehab ?

en bobettes j’écoute amy winehouse la morte c’est so jazzy mais triste pareil je l’aimais moé. j’ai pris le cd à la bib vu que je suis vip maintenant dans ma ville. je vends des livres depuis longtemps mais c’est nouveau que j’en prête. le monde comprend rien. des fois il plisse les yeux il serre les lèvres il a un sentiment d’inquiétante étrangeté le monde. il me voit partout où y’a de la lecture je me demande si je me cache aussi dans le tiroir de sa table de chevet. ou entre les pages de son best-seller à location. ou dans le sac jaune de sa librairie à turbo-superficie.

aujourd’hui y’a un garçon beau comme un garçon beau qui est venu porter des livres dans une boîte de carton. il emmenait plein de trésors comme la vie devant soi que je comprenais pas pourquoi il s’en débarrassait. et il est parti comme ça avec sa boîte vide l’air d’un gars que je reverrai plus jamais de ma vie parce qu’il s’en va sûrement déménager quelque part de plus cool qu’ici genre dans un appart à montréal. pis là il rencontrerait une fille vraiment hot dans un bar pas loin de chez eux qui aurait autre chose à faire que de triper sur des livres. elle serait super bonne en maths genre pis elle serait assez forte pour pas avoir le goût de s’acheter un chat.

bon faque j’ai regardé les livres un à un et j’ai feuilleté ceux qui m’intéressaient. j’ai même trouvé à l’intérieur de l’un d’entre eux un nom écrit avec une écriture de garçon beau qui pourtant se débarrasse d’un livre cool comme celui de momo. pis oui maudit. j’ai retenu le nom pis je l’ai cherché sur facebook.

jeudi 21 juillet 2011

haaaaaave you met... personne voyons c'est plate

fait chaud ça fait que je m’écrase je me retape toutes les saisons de how i met your mother au lieu d’aller courir les rues pour trouver l’homme de ma vie. j’ai pas des amis-sexuels-tannants j’ai des amis-fourre pis ça me tanne. ou ben des amis in love au boutte. même lui est amoureux fou pis il l’appelle sa princesse devant moi ça me donne envie de pitcher ma vie en bas des marches. je suis rendue plate quelque chose de terrible l’autre fois je suis allée me gaspiller avec deux français inconnus pour donner du pep à ma vie. ça été drôle quoi vingt-quatre heures pis après c’était bof je les avais déjà oubliés. je suis tellement rendue plate que j’ai hâte que l’école recommence j’ai le goût de tomber en amour avec un gars d’un de mes cours pis de jamais lui parler de ma vie. j’pas ben bonne pour les histoires qui marchent c’est ça qui arrive. c’est comme hier au bar y’avait plein de beaux garçons avec la peau en été mais j’étais pas game de les regarder dans les yeux. je me sentais le charme un peu éteint le cœur en hiver.

vendredi 15 avril 2011

c'est bien vrai qu'elle est étrange mademoiselle belle

nos NOS c'est l'os que le chien protège. quand quelqu'un s'approche de notre bouteille on grogne et montre nos crocs-jujubes. une fois simon fait la moue avec une bouche aux fraises, sortie tout droit d'un party-mix à cher et cinquante. il me donne un bi sur la main, comme font les princes des contes de fées. je dis lutin je dis nain je dis nain nain nain. les autres me pensent folle. je m’imagine à la cour de versailles dans les salons mondains. je m’imagine être une précieuse et avoir peur de l’ennui et inventer des histoires colorées et belles. « autrefois, j’avais des ennuis et je ne m’ennuyais pas ; les ennuis, c’est une grande distraction. » il était une fois des choses merveilleuses comme mon ex-prof de philo à la bibliothèque. celui qui était l’homme de ma vie quand ma vie était cégépienne. qui habite ma ville comme un gardien des songes. « allez, païen, répondez ! » moi je levais ma main moi qui jamais ne lève ma main. c’était un grand monarque qui savait mon nom il disait mademoiselle juste avant. c’était bien mignon tout ça. sinon je crois que je tremble. et puis les garçons m’ont laissée toute seule à la bibliothèque. avec une coupe vide de sucreries, des pointes de cheveux cassées et des post-it roses collés sur mon écran - qui m’insultent parce que je suis pas bonne à supermario. la table est une tempête de livres à l’envers à l’endroit et de feuilles volantes. et moi ce soir je suis une sorcière : j’élucide le mystère du cabinet des fées et de la bibliothèque bleue. et j’ai hâte que la session soit terminée.

mardi 12 avril 2011

pyromane

ma feue flamme fusée fêlée
couchée relue sur du papier -
j’aurais appelé l’air d’un trou noir
dit allô
allô allô allô

prends-le pas
prends-le pas mal
je suis creux
dans la spirale

tout aspiré moi
rien compris

écoute
cet air-là sur notre peau
les étoiles dans ta tête
écoute tes dents qui craquent
ma bouche sur ton ventre
nos corps étreints en vent
et ton silence
des jours durant
(souviens-toi)
je suis tombée dedans
sans temps sans tant savoir
- on oublie tu sais -
un éclair un orage une pluie
une fin du monde (un délire)
un retour
des mois durant
rien compris je te dis

j’ai peur à l’été parce que tes lèvres
le goût de la bière dessus
le goût de moi dessus
après le vertige les larmes
la peur de ne plus savoir comment
te perdre -
l’exil
parce que
ton linge coloré
tes souliers délassés
ta main sous ma robe
tes crises d’identité
j’ai peur à l’été comme
d’un regain d’insouciance
j’aurais appelé l’air d’un passé
à spéculations :
reviens pas mais
peut-être je sais pas
tu prieras pour que toutes mes veines
se rallument encore
tu pourras dire que je t’aime
que je t’aime à mort

vendredi 8 avril 2011

un jour ben le fun

ça a l’air de rien comme ça mais ça prend du courage. se faire dire par un inconnu de l’âge de son père : « enlève ton pantalon ta culotte pis toute »,  ça a quelque chose d’assez déstabilisant. bon j’ai voulu être polie mais en vrai ça te scrape une forme olympique en esti. sauf que t’endures et tu grimpes, t’atteins le trône de papier fripé frette qui arrête pu de faire des bruits de chiffonnage, et y colle tes founes gênées, et t’ouvres à la science comme une bonne fille avec un esprit des grandeurs, une bibliothèque pleine à craquer et des tonnes de cahiers écrits à la main avec des couleurs différentes (selon l’inspiration du moment).
J. (pas lui, mais une autre) et moi on était dans la salle d’attente, à côté de la salle de bain défectueuse et des gens qui y allaient pareil. c’était long. on dessinait des lunettes aux portraits du 24h ou du métro, leur ajoutait des piercings ou des poils superflus. des fois même on les faisait parler. genre on riait alors que tout le monde avait envie de pleurer. un moment donné, la secrétaire a appelé les prochains à passer. elle a dit : « chin wong wong » et a comme qui dirait levé la tête vers J., avec un regard insistant et tout. bon, si vous voulez le savoir, J. elle vient pas d’ici, elle a pour ainsi dire les yeux bridés ; elle a adopté ses parents comme. mais c’est quand même pas une raison pour assumer qu’elle s’appelle chin wong wong. aussi elle a senti une légère détresse et a marmonné quelque chose comme : « mais… mais pourquoi elle me regarde comme ça, c’est pas moi ! » faque on a ri toute la vie.
ou en tout cas, jusqu’à l’heure de vérité.

lundi 4 avril 2011

5 * 6 * 7 * 8


photo : Naomie K. Gauthier

on était à québec pour la fin de semaine parce que samedi soir c’était le temps de kicker des culs. on s’est pointé devant les juges avec nos converses pis nos lèvres rouges pis tout le monde criait. dans ce temps-là attendre que la musique parte c’est long longtemps : on meurt environ trente-deux fois. sauf qu’y faut pas que ça paraisse. on regarde les juges dans les yeux pis faut avoir l’air aussi méchant qu’eux. faut qu’on ait l’air de s’en foutre comme des adolescents qui s’en foutent. après on oublie de respirer jusqu’à la fin de la chorée on faiblit mais faut pas que ça paraisse. faut jamais que ça paraisse. quand tu fais une semi-split que tu tombes en pleine face que ton bâton sort de ta poche que tu fais le bout du bâton sans bâton ; les juges doivent n’y voir que du feu. même chose quand la fille manque son front flip final. parce qu’être din airs tout écartillé c’est vraiment subtil t’sais, surtout quand toute l’attention est concentrée sur toi. reste quand même qu’on a eu la deuxième place pis qu’après on a pu boire dans l’hotel pis danser sur michael jackson avec les daddy cool.

l’autre fois les parents sont rentrés d’un souper après moi qui revenais d’un party. ils étaient saouls pis pas moi. mon père renversait de l’eau minérale sur mon plancher de chambre sans s’en rendre compte pis ma belle-mère criait : « voyooooons, P ! tu pisses partout sur le plancher ! » pis ils me racontaient leur soirée dans un spa pis comment N. était tombée en pleine face « parce que c’était glissant. »

samedi soir les daddy cool prenaient des shooters de jack daniel’s pis faisaient des jokes de cul. nous les jeunes on était sorti au dagobert mais c’était tellement de la marde qu’on était revenu au concorde après même pas une heure. au sous-sol les adultes étaient saouls pis pas nous. faque on s’est joint à eux on a dansé sur girls just wanna have fun en même temps que les papas se promenaient avec des boas roses dans le cou. V. pis moi on se trouvait ben drôle on se disait heye y’est trois heures du matin on pourrait cleaner oubliez pas les filles le bras y va là quand on fait la slide pis attention aux niveaux. après ça on a fait des danses en ligne pis C. arrêtait pas de dire que j’étais matante parce que je voulais jamais arrêter.
- heye écoute j’aime ça moi les danses en ligne c’est le fun pis j’aime ça danser sur des tounes quétaines écoute c’est donc beau la vie !
faque on a fait du freestyle de matante en répétant que c’était donc beau la vie pis la musique pis la jeunesse.


j’ai oublié de dire que ça nous a pris un temps rare avant de trouver le party du sous-sol de l’hotel. quelqu’un avait entendu que ça se passait au 1118 faque on a pris l’ascenseur jusqu’au onzième mais rendu là y’avait aucun bruit. on a écouté à toutes les portes pis finalement on a cogné à celle où on entendait des gens parler. y’a une fille qui a ouvert mais t’sais le genre de fille que tu connais pas pantoute là ? c’est ça. après avoir fait tous les étages - c’est-à-dire vingt-cinq - parce que le chum à V. a eu le bonne idée de peser sur tous les pitons de l’ascenseur pour crier à chaque étage : « HEEEEYYYEEEE VOUS ÊTES OÙ !?! », on est finalement arrivé au sous-sol pis c’est ça.

vendredi 1 avril 2011

sweet charlemagne et l'océantume

1. je grossis.
2. je ne maigris pas.
3. je ne réfléchis pas à ce que je fais.
4. je ne finis pas ce que je commence.
5. je perds mon temps à l’université.
« pourquoi allons-nous à l’école ? pour nous faire écœurer. nous voulons nous en aller : les malles sont pleines, fermées, ficelées, attendent. qu’attendons-nous ? rien. pourquoi ne partons-nous pas tout de suite ? pour rien. qu’est-ce qui nous attache ici ? rien. qu’ils s’en aillent, ceux qui ne sont pas contents ! »
t'sais c'est le fun quand misteur valaire et réjean ducharme communiquent de même dans la même journée. c'est motivant.